Hail Mary, full of grace!

L'ASSERVISSEMENT DU MONDE OU LA PAIX
La decision du Pape
de
Abbe Nicolas Gruner
et les autres experts de Fatima


SECTION VIII
L'Accord Vatican-Moscou
par Jean Madiran

Cet accord est le vrai obstacle a la Consecration Collegiale de la Russie. La Secretairerie d'Etat du Vatican, sous la direction du Cardinal Agostino Casaroli, (qui est notoire pour promouvoir l'Ostpolitik du Vatican, qui est une excroissance de l'Accord Vatican-Moscou), continue a commander les affaires publiques de l'Eglise d'apres cet accord perfide, meme s'il devient clair avec la sagesse d'apres coup que l'Accord Vatican-Moscou est desastreux pour l'Eglise. Le Pape Jean Paul II et le Cardinal Ratzinger ont dans leurs declarations publiques indique leur desenchantement avec l'Accord Vatican-Moscou.

Cet eclairant article-ci, jette une nouvelle lumiere sur l'importance vitale du Message de Notre Dame de Fatima pour notre temps. Il nous aide davantage a comprendre pourquoi jusqu'a maintenant le commandement de Notre Dame de Fatima de consacrer la Russie n'a pas ete obei. L'existence de l'Accord Vatican-Moscou est montree ici a partir de deux sources Catholiques et Communistes. Puisque cet article a ete publie en premier lieu en France, en fevrier 1984, l'existence de l'Accord Vatican-Moscou a ete re-confirme.

Notez que dans cet article-ci l'Accord Rome-Moscou se rapporte a l'Accord Vatican-Moscou. Cet article-ci est tire du magazine Francais "Itineraires." Les sous-titres marques avec un asterisque (*) ont ete ajoutes par l'editeur du Fatima Crusader.

Il Y Avait Un Accord*

Des negociations secretes entre le Saint Siege et le Kremlin ont eu lieu. Un accord a ete conclu. Rome a garde l'engagement. Il y a une claire indication que l'accord est encore en force, bien qu'il ne date pas d'hier, mais d'avant hier: depuis 1962. Pour presque vingt ans maintenant, l'attitude universelle de l'Eglise Catholique envers le Communisme a ete gouvernee par les promesses qu'Elle a concedees aux negociateurs Sovietiques.

Je ne divulgue aucun secret. Je rappelle ce que tout le monde devrait savoir, ce que tout le monde a oublie, ou n'a jamais connu, ou encore a toujours pretendu ne pas savoir.

Cependant trois choses ont ete publiees en 1962 dans les deux journaux, Communistes et Catholiques: 1) l'existence des negociations, 2) les conclusions de l'accord, 3) les promesses faites par le Saint Siege. L'essentiel a ete raconte en paroles et par les imprimes, mais il a echappe a l'attention generale. Les meilleurs commentateurs ont baisse les yeux timidement. Il n'y avait pas de commentaire precis, excepte dans l'Itineraire . Par distraction, soit reelle ou pretendue, elle etait alors universelle, ainsi aujourd'hui l'ignorance est totale: au point que, quand j'ai resume l'affaire entiere dans quelques lignes dans Present, le 30 decembre dernier, (1962) j'ai souleve l'etonnement parmi les mieux renseignes et j'ai souvent rencontre l'incredulite meprisante ou fachee.

Les Faits Essentiels*

Voici ce que j'ai dit dans mon resume: "Jean XXIII a concede au negociateur Sovietique, Mgr. Nikodim, la promesse de ne pas attaquer les gens OU LE REGIME de la Russie. Ceci a ete fait pour procurer la permission de Moscou pour les observateurs Russes Orthodoxes d'assister au Concile. Depuis ce temps, le Saint Siege s'est considere lui-meme encore lie par les engagements de Jean XXIII. Le Communisme n'est meme plus mentionne dans aucun document papal."

En lisant ces lignes, les gens ont repondu comme s'ils n'avaient jamais entendu parler des negociations ou de la promesse. Cependant tout a paru dans Itineraires en ce temps-la.

Nous demandons a nos vieux lecteurs qui les ont toujours conservees a l'esprit de demeurer avec nous, alors que nous donnons les textes, les dates et les faits ici encore une fois. Pour presque tout le monde cela deviendra comme quelque chose de nouveau.

I - La Condition Fixee Par Moscou

En novembre 1961, un an avant l'ouverture de Vatican II, le Kremlin a fait connaitre publiquement quelle condition il avait fixee au Vatican pour autoriser les representants du Patriarcat de Moscou de venir et suivre le travail du Concile comme observateurs.

Sa Saintete Supreme Mgr. Nikodim*

Le porte-parole du Kremlin etait, comme c'est arrive, Sa Saintete Supreme Mgr. Nikodim,' comme L'Humanite, l'organe principal du Parti Communiste Francais, l'appelait respectueusement.

Ce Mgr. Nikodim est celui qui semble avoir ete converti finalement au Christianisme, peu avant de mourir a Rome dans les bras du ephemere Jean Paul I, en 1978. Il avait ete autrefois un agent du K.G.B., installe dans le corps gouvernant de l'Eglise officielle Russe. Il est ne en 1929, et avait une carriere brillante dans l'Eglise: pretre a l'age de vingt ans; recteur de la Cathedrale Jaroslav a vingt-cinq ans; chef de la Mission en Terre Sainte a vingt-six ans; chef de la Chancellerie Patriarcale a trente ans; a trente-et-un ans, eveque et chef du departement des relations externes' du Patriarcat de Moscou, c'est-a-dire, de l'Eglise officielle Orthodoxe, qui est un instrument de l'Etat Sovietique et du Parti Communiste.

C'est lui qui a arrange l'admission du Patriarcat dans le Conseil Mondial des Eglises de la Nouvelle Delhi en novembre 1961. C'etait a cette occasion qu'il a declare quelle condition avait ete fixee par le Kremlin, en declarant que les observateurs du Patriarcat de Moscou pourraient assister au Concile, s'il n'y a pas de declarations hostiles a notre pays bien-aime.'

Il a continue: Le Vatican est souvent agressif, au niveau politique, envers l'URSS. Nous, qui sommes Chretiens, des croyants Russes Orthodoxes, sommes des citoyens loyaux de notre pays et nous aimons beaucoup notre mere patrie. C'est pour cette raison que n'importe quoi visant notre pays n'est pas de nature a ameliorer nos relations avec les autres.'

Ces declarations de Mgr. Nikodim n'etaient pas secretes. Elles ont ete publiees par la suite en France a la page 29, dans l'edition Informations Catholiques', du 1er janvier 1963, et aux pages 177-178 d'Itineraires (No. 70) de fevrier 1963.

Nous ne savions pas alors que les negociations avaient eu lieu et qu'un accord avait ete conclu, sur cette base-meme, entre Rome et Moscou. Nous savions que les observateurs Orthodoxes Russes etaient arrives finalement a Rome, en octobre 1962, pour l'ouverture du Concile. En outre, nous avons saisi la pleine importance de la condition preliminaire qui avait ete fixee publiquement par Moscou.

Nous l'avons expliquee dans le meme numero d'Itineraires:

La maniere d'agir de Mgr. Nikodim, qui est stupefiante, consiste a interdire toute critique du Communisme, en pretextant l'offense qu'elle donnerait a son propre patriotisme ... Toute critique du Communisme est consideree par Mgr. Nikodim comme une attaque a son pays.

Le Vatican n'entretient pas d'animosite envers le pays de la Russie, les Russes ou la nation Russe. Cependant, comme agent adroit du Kremlin, Mgr. Nikodim identifie les Russes et le pays avec le Communisme. Au nom du "patriotisme," il fixe, comme une condition anterieure pour toute conversation religieuse, l'omission de tout grief exprime contre le Communisme ...

Pour obtenir, par ce moyen, que le Concile ne dira pas un mot au sujet du plus grand drame, le plus grand mal, le plus grand crime de notre siecle est, en effet, pour Moscou, un objectif de premier choix. Nous ne savons pas si cet ultimatum a ete le sujet d'autres negociations secretes: mais tout le monde peut voir que cet ultimatum a ete formule publiquement.' (Itineraires, No. 7, fevrier 1963).

En effet, nous ne le savions pas encore, au mois de janvier 1963 quand nous avons ecrit ces mots, qui ont paru dans notre numero de fevrier; nous avons seulement compris que Moscou avait fixe une condition pour la venue des observateurs Orthodoxes - et que ces observateurs etaient venus finalement; mais nous savions, presque immediatement, que les negociations avaient en fait eu lieu.

II - L'Accord Conclu Entre Rome Et Moscou, Et La Promesse Faite Par Le Saint Siege

La presse Communiste a ete la premiere a divulguer l'accord; et, sur ce point, elle n'a jamais ete niee ou contredite. Citons, parmi d'autres, la France nouvelle, l'hebdomadaire principal du Parti', qui a ecrit a la page 15 de l'edition de janvier 1963, 16-22:

Depuis que le systeme mondial socialiste montre sa superiorite indiscutablement et aime l'approbation de beaucoup de centaines de millions d'hommes, l'Eglise ne peut demeurer satisfaite avec le brutal anti-communisme. ELLE A MEME DONNE UNE PROPOSITION, A L'OCCASION DE SON DIALOGUE AVEC L'EGLISE ORTHODOXE RUSSE QU'IL N'Y AURAIT PAS D'ATTAQUE DIRECTE AU CONCILE CONTRE LE REGIME COMMUNISTE.'

Nous avons reproduit ce texte de la France nouvelle' dans Itineraires, No. 72, d'avril 1963 (page 43), avec ce commentaire:

Ailleurs dans le meme journal et dans la propagande Communiste generalement, sur le sujet du Concile, la meme formule est repetee, comme si c'etait la clause litterale d'un accord explicite qui avait ete conclu ceremonieusement: "Pas d'attaques directes contre le regime Communiste!"

Il est remarquable que ceci a ete dit et repete ouvertement, sans eveiller aucune reponse apparente. Supposons qu'une eglise Americaine Protestante aurait affirme publiquement, comme une condition pour l'envoi d'observateurs: "pas d'attaques directes sur la maniere de la vie et du regime capitaliste Americains." Supposons qu'une propagande subsequente devrait se vanter d'avoir obtenu un engagement sur ce point. Quel tumulte il y aurait dans la presse Catholique! Encore pire si la maniere de vie Americaine et du "capitalisme" Americain etaient SEULS a exiger, et a affirmer qu'ils avaient obtenu une telle immense faveur si exclusive et restrictive du Concile.'

III - Le Fait Et Les Details Confirmes Dans La Croix'

Quelques jours plus tard, La Croix ,' de sa part, a publie un discret mais substantiel paragraphe, a la page 5 de son Edition du 15 fevrier:

"Le journal Le Lorrain' du 9 fevrier, publie le rapport d'une conversation donnee par l'Eveque Schmitt a des journalistes. Quelques details interessants ont ete fournis par l'Eveque de Metz a propos des origines de la presence a Rome d'observateurs de l'Eglise Orthodoxe Russe: c'etait a Metz que le Cardinal Tisserant a rencontre Mgr. Nikodim, l'archeveque en charge des affaires etrangeres de l'Eglise Russe, et c'etait la que le message que Mgr. Willebrands a apporte a Moscou a ete prepare. Mgr. Nikodim, qui etait venu a Paris dans les premiers quinze jours d'aout, a exprime un desir de rencontrer le Cardinal Tisserant. La reunion a eu lieu a la maison du Pere Lagarde, aumonier des Petites Soeurs des Pauvres a Bordes, qui s'est toujours consacre lui-meme aux problemes internationaux. Apres cette discussion, Mgr. Nikodim a consenti que quelqu'un devrait aller a Moscou transmettre une invitation, POURVU QU'UNE PROMESSE SOIT DONNEE D'UNE ATTITUDE NON POLITIQUE AU CONCILE."

Ce rapport dans La Croix' ne semble pas avoir ete remarque par quiconque, excepte par la revue Itineraires, qui l'a reproduit dans l'Edition d'avril 1963 deja mentionne, et l'a commente en ces termes:

"Ceci n'est pas exactement un dementi des assertions Communistes. C'est plutot une confirmation de l'existence des promesses'." La phrase "a pourvu qu'une promesse soit donnee que l'attitude du Concile ne soit pas politique" est quelque peu obscure et pourrait etre equivoque. Dans un sens l'Eglise, sa doctrine et ses Conciles sont certainement non-politiques,' et se proclament eux-memes etre tels, publiquement et frequemment. Dans un autre sens l'Eglise professe une moralite politique, et cette moralite condamne directement le regime Communiste. Il est difficile d'imaginer que l'Eglise pourrait renoncer a toute moralite politique; et il est impossible qu'une moralite politique devrait devenir soudainement neutre ou indifferente quant au Communisme.

"Dans le sens - le sens legitime, logique et sur - dans lequel l'Eglise est non-politique,' l'encyclique Divini Redemptoris' est une encyclique non-politique'. Elle est une encyclique religieuse et morale. Il est improbable que Mgr. Nikodim a insiste sur des promesses' seulement pour une neutralite politique' de ce genre. Il est regrettable que l'assertion a ete permise de circuler - et n'a pas ete chuchotee autour, mais a ete declaree a haute voix - que l'Eglise a donne une promesse qu'il n'y aurait "PAS D'ATTAQUES DIRECTES CONTRE LE REGIME COMMUNISTE."

"Evidemment, on peut jouer sur les mots: l'Eglise, en fait, n'attaque' jamais rien ou personne. Elle defend les droits naturels et surnaturels de la personne humaine. Une telle distinction, cependant, n'est pas pour satisfaire le corps gouvernant Sovietique du Patriarcat de Moscou.

"Il est facile de comprendre le stratageme Sovietique. Ils aimeraient compromettre et discrediter l'Eglise. Ils aimeraient que l'Eglise tombe en ligne avec la soit-disant tendance "progressive" qui, au nom de denoncer l'injustice, combat violemment du cote de tous les anti's': anti-capitalisme, anti-colonialisme, anti-paternalisme, anti-corporativisme, anti-integrisme, etc., etc., - TOUS LES ANTI'S,' EXCEPTE UN: pas anti-communisme.

"Dans leur message initial au monde, les Peres du Concile ont affirme solennellement que C'ETAIT UNE PARTIE DU DEVOIR DE L'EGLISE DE DENONCER L'INJUSTICE FLAGRANTE. Comment est-ce que l'Eglise peut faire cela SI, DANS LE PROCESSUS, ELLE GARDAIT SILENCE SUR L'INJUSTICE LA PLUS FLAGRANTE DANS LE MONDE CONTEMPORAIN - la plus hautement perfectionnee EXPLOITATION DE L'HOMME PAR L'HOMME qui a jamais existee, celui du regime Communiste? Elle perdrait toute autorite morale aux yeux des incredules de bonne volonte. Elle troublerait les esprits de ses fideles."

A ce moment-la, bien que nous analysions la signification precise des demandes Communistes, nous ne pouvions pas imaginer que le Saint Siege tomberait si completement dans le piege. Aussi, notre commentaire a ajoute: "Ceci est completement impossible et ca n'arrivera pas. Quelques eglises locales ont, pour differentes raisons, occasionnellement ete enveloppees dans ce silence unilateral, systematique sur la plus grande de toutes les injustices contemporaines. Il peut toujours y avoir, et il y eu souvent, dans l'histoire de l'Eglise, des membres du clerge, quelques eglises locales, qui, pour un certain temps, sont plus ou moins malades. L'Eglise Universelle, reunie en Concile, c'est tout autre chose.

"Les Communistes, cependant, pour detruire l'influence morale de l'Eglise dans le monde d'aujourd'hui, cherchent audacieusement a repandre la croyance que l'engagement a ete vraiment donne: PAS D'ATTAQUES DIRECTES CONTRE LE REGIME COMMUNISTE'."

Cependant le fait demeure: ni pendant ni apres le Concile il n'y a eu d' attaque directe contre le regime Communiste'. Il n'y en a eu aucune. Quelquefois il y a des avertissements contre les philosophies materialistes' et les ideologies totalitaires' - toujours en termes generaux et souvent vagues. Le Communisme n'est plus appele par son nom - jamais.

IV - L'Interpretation Bienveillante

L'annee suivante, dans l'Edition d'Itineraires de juin 1964 (No. 84, pages 39-40), nous avons encore repris la matiere, en nous efforcant de donner la plus bienveillante interpretation:

"La presence d'observateurs Sovietiques Orthodoxes a la premiere session du Concile etait negociee avec Mgr. Nikodim. Les negociations ont ete tenues a Metz en 1962. Mgr. Nikodim et le Cardinal Tisserant ont prepare le message d'invitation, que Mgr. Willebrands alors a ete autorise a apporter a Moscou. Dans les negociations, Mgr. Nikodim avait cherche les promesses,' au sujet desquelles aucune information publique des sources Catholiques est disponible ... Les Communistes, de leur cote, affirment publiquement que l'Eglise Catholique AVAIT DONNE UNE GARANTIE, A L'OCCASION DE SON DIALOGUE AVEC L'EGLISE ORTHODOXE RUSSE QU'IL N'Y AURAIT PAS D'ATTAQUE DIRECTE CONTRE LE REGIME COMMUNISTE AU CONCILE.'

"Il est a peine croyable qu'une promesse a ete donnee que le Concile ne dirait rien contre le Communisme, mais il est tres probable que Mgr. Nikodim a amene les negociations a une position completement ambigue. Il a demande pour la promesse que le Concile serait non-politique' et n'attaquerait pas sa mere patrie': promesses, faciles en elles-memes a donner, mais qui n'avait pas la meme signification pour les negociateurs Catholiques et Sovietiques. A ce dernier, ces promesses voulaient dire que rien ne serait dit contre le Communisme. Comme l'ambiguite n'a pas ete clarifiee, les journaux Communistes ont ete capables publiquement de propager leur vue sur la promesse donnee' par l'Eglise Catholique, et ils n'ont pas rencontre de dementi.

C'etait un "malentendu" - un malentendu delibere, concu par Mgr. Nikodim, et se terminant dans une impasse desastreuse. Beaucoup de Peres du Concile desiraient serieusement que l'Eglise montre qu'Elle est "presente dans le monde." Un schema entier, schema 17, etant en preparation sur ce sujet: mais quel genre de presence dans le monde aurait une Eglise qui parle de tous les grands problemes, excepte le probleme Communiste? Qui agissait comme si le Communisme n'existait pas? Qui parlait du capitalisme, du racisme, du sous-developpement, de la justice sociale; de tout - excepte du Communisme? Oui, mais comment peut-il etre discute sans sembler casser une promesse qui, bien sur, n'etait pas donnee, mais lequel est-ce des deux partis qui declare et juge necessaire d'avoir ete donne?

"Cette impasse desastreuse aurait pu etre evitee, si la personne, la carriere et la reelle conduite de Mgr. Nikodim avait ete mieux connue et comprise."

Nous ne regrettons pas que, en 1963 et 1964, nous avons tenu l'interpretation la plus bienveillante. On a toujours le devoir de commencer de cette maniere. Il est juste qu'on ne persiste pas en cette maniere, quand c'est devenu manifestement intenable.

Notes

1. Nous ne savons rien au sujet du Pere Lagarde, ce pretre dont il est dit bizarrement qu'il s'est toujours consacre lui-meme aux problemes internationaux. Nous ne nous sommes pas informes a son sujet a ce moment-la, car ce n'etait pas notre affaire, et nous avons imagine que d'autres le feraient, ou l'avaient fait. Il serait interessant, meme aujourd'hui, d'avoir un peu d'information precise sur cette personnalite, si ce n'etait que pour une retrospective historique.

2. D'autre part, nous sommes tout a fait familiers avec l'eveque dont la residence a servie a la negociation Nikodim-Tisserant: Mgr. Paul-Joseph Schmitt, Eveque de Metz depuis 1958. Quelques annees apres les negociations de 1962 - en 1967 et 1968 - il s'est montre completement au public, proclamant que le changement dans le monde doit impliquer un changement semblable dans l'idee du salut apporte par Jesus Christ, et dans l'idee du plan de Dieu pour le monde. Il a affirme aussi: Nous devons tenir compte du reproche que les Marxistes font contre nous. Apres dix-neuf siecles, les Chretiens n'ont pas reussi a mettre l'economie au service de l'homme. L'exploitation de l'homme par l'homme est encore une realite tragique.' Mgr. Paul-Joseph Schmitt, en religion comme en moralite politique, est la vraie incarnation de l'heresie episcopale contemporaine qui forme le sujet de notre livre, L'Heresie du XXeme Siecle', (volume 1).

3. Le Cardinal Tisserant aimait etre considere comme un Gaulliste de la premiere heure (ce qu'il etait probablement), et comme un anti-communiste inflexible (ce qui est beaucoup moins sur). J'ai toujours senti qu'il etait un escroc. Beaucoup pourrait etre dit a son sujet. De toute facon, sa presence aux negociations n'etait pas une garantie d'innocence et de purete d'intention. Je ne peux pas croire que Mgr. Nikodim l'a trompe. Toutes choses considerees, je pense qu'il avait concu le desir (ou recu un ordre) de negocier, qu'importe le prix.

4. Une annee avant que l'accord ait ete conclu entre Rome et Moscou, Jean XXIII avait publie l'encyclique sociale Mater et Magistra' (le 15 mai 1961). Le COMMUNISME etait encore nomme, pour rappeler l'opposition fondamentale entre le Communisme et le Christianisme' (parag. 34). Je pense que c'etait la derniere fois (que cela a ete fait) dans un document papal. Meme alors, son importance etait astucieusement diminuee, car ce rappel etait fait obstinement pour paraitre retrospectif. Cela a paru dans le resume preliminaire de l'enseignement papal anterieur. Cela a ete attribue a Pie XI, ce qui est inexact; et Jean XXIII ne l'a pas questionne, mais il l'a fait sien et il a evite de le repeter. En outre, il s'en rapporte exclusivement a l'encyclique Quadragesimo Anno' de Pie XI, et pas du tout a son encyclique Divini Redemptoris' sur le Communisme. Ceci etait une omission considerable, qui ne serait pas arrivee d'une simple distraction de l'esprit.

5. Si l'encyclique Mater et Magistra' est anterieure a l'Accord Vatican-Moscou, l'encyclique Pacem in Terris ' lui est subsequente (le 11 avril 1963). Par consequent, le Communisme n'est plus mentionne - pas meme pour rappeler cela, autrefois ou peu de temps auparavant, il etait condamne par l'Eglise. Donc, Rome a garde la promesse donnee aux Communistes.

6. Dans l'encyclique Pacem in Terris,' Jean XXIII declare: ... la formule philosophique ne change pas une fois qu'elle ait ete fixee en termes precis. Une assertion etrange, que l'entiere histoire des doctrines et leur evolution contredisent manifestement. Cependant, l'intention declaree de Jean XXIII etait, commencant a partir de ce point, astucieusement pour restreindre l'ampleur des condamnations de l'Eglise a une fausse philosophie de la nature, de l'origine et du but des hommes et du monde', excluant de ses critiques tel et tel programme economique, social, culturel et politique, meme quand tel programme tire son origine et son inspiration de cette philosophie.'

Suivons sa maniere de voir: l'Eglise a condamne la doctrine Marxiste, et ni cette doctrine ni sa condamnation ne peut changer par apres; mais le mouvement Communiste evolue (pour le mieux). D'ou la conclusion merveilleuse: Il peut arriver quelquefois, par consequent, que des reunions arrangees pour quelque fin pratique - pourtant jusqu'ici elles etaient jugees entierement inutiles - peuvent en fait etre fructueuses pour le temps present, ou au moins offrir des perspectives de succes.' (parag 160 Edition CTS)*. Donc, Jean XXIII annule subrepticement l'ordre de l'injonction pontificale: par consequent quiconque desire sauver la civilisation Chretienne de l'extinction devrait la rendre (au Communisme) assistance par n'importe quelle promesse'(Divini Redemptoris, 22).

* Catholic Truth Society of England

7. En fait, tout ce melange confus de paragraphes 159 et 160 dans Pacem in Terris' n'a jamais ete applique par la hierarchie ecclesiastique excepte pour l'avantage du Communisme (et du socialisme Marxiste) - jamais pour le fascisme ou le liberalisme. En depit d'une apparence trompeuse d'une regle generale, applicable a chaque doctrine et profitant a chaque mouvement, ce n'est rien qu'une fabrication pour accommoder le Communisme seul. 8. Et maintenant, comme nous considerons les objets a partir d'une perspective historique de presque un quart de siecle, nous ne pouvons plus longtemps douter que confronter avec le Communisme, le Saint Siege a effectue volontairement le desarmement unilateral. Nous avons aussi, bien sur, toutes les raisons de penser que les organes centraux du gouvernement de l'Eglise ont ete penetres: pas seulement, comme nous avons appris, par les modernistes qui sciemment ou non sciemment comme le cas peut etre, sont les auxiliaires de la Franc-maconnerie mais aussi par les agents Communistes. D'ou, la distorsion systematique de l'information au sommet meme. Cependant, il n'est plus possible de supposer que l'attitude des Papes, a partir de Jean XXIII, envers le Communisme vient seulement du fait qu'ils ont ete dupes.

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